Job étudiant dès 15 ans : possible, mais sous conditions strictes
Depuis le 4 mai 2026, vous pouvez engager un étudiant dès l'âge de 15 ans, même s'il est encore soumis à l'obligation scolaire à temps plein. C'est un changement réel par rapport à la situation antérieure, mais il s'accompagne de conditions strictes que tout employeur doit connaître avant de signer un contrat.
Ce qui a changé
Avant cette réforme, un jeune ne pouvait conclure un contrat d'occupation d'étudiant à 15 ans que s'il avait déjà terminé ses deux premières années de l'enseignement secondaire. Dans le cas contraire, il fallait attendre 16 ans. Cette condition liée à la fin des deux premières secondaires a été supprimée. Concrètement, tout jeune ayant atteint 15 ans peut désormais signer un contrat étudiant, qu'il ait ou non terminé ce cycle scolaire.
La nuance importante : pour les jeunes de 15 ans encore en obligation scolaire à temps plein (typiquement en 1re ou 2e secondaire, ou avec un parcours scolaire un peu plus lent), l'occupation est limitée à des "travaux légers" définis par arrêté royal. Une fois l'obligation scolaire à temps plein terminée, ces restrictions de nature des tâches ne s'appliquent plus, mais les règles générales sur l'emploi des étudiants mineurs restent d'actualité.
Quels travaux pouvez-vous confier à un jeune de 15 ans en obligation scolaire ?
La loi vise des tâches non industrielles, simples, qui ne demandent aucune formation spécifique et qui ne s'exercent pas avec ou sur des équipements mécaniques. Dans la pratique, cela couvre notamment :
- l'aide à l'accueil ou au vestiaire
- le réassort, l'étiquetage ou l'emballage en magasin
- l'aide à la vente dans un commerce de proximité
- la préparation simple de commandes, la réception et le stockage de marchandises
- la plonge, la mise en place ou le débarrassage en restaurant ou café
- la distribution et le débarrassage de repas et boissons (secteur des soins, par exemple)
- des tâches légères de nettoyage demandant peu de force et de courte durée : dépoussiérer, passer l'aspirateur, vider les poubelles, laver des vitres à hauteur de main
- la cueillette ou le tri dans l'agriculture et l'horticulture
- le soutien logistique lors d'événements ou de fêtes locales
- la surveillance ou l'animation légère dans une plaine de jeux ou un parc d'attractions
À l'inverse, tout ce qui implique une machine, un produit dangereux ou un risque physique réel reste strictement interdit pour ce public.
Les horaires : aucune marge d'interprétation
Le législateur a balisé le temps de travail de ces jeunes de façon très précise, et ces règles s'appliquent sans exception, quel que soit votre secteur.
Pendant les périodes scolaires :
- maximum 2 heures par jour de cours
- maximum 12 heures par semaine
Pendant les vacances scolaires d'au moins une semaine complète :
- maximum 8 heures par jour
- maximum 40 heures par semaine
Dans tous les cas, sans exception :
- pas de travail avant 6h ni après 20h
- pas de travail le dimanche ni les jours fériés
- pas d'heures supplémentaires
- au moins 14 heures de repos consécutif entre deux journées de travail
- une pause d'une demi-heure obligatoire si la prestation dépasse 4h30, et d'une heure (dont une demi-heure prise en une fois) si elle dépasse 6h
Un jour de repos supplémentaire doit aussi être accordé au jeune juste avant ou juste après le repos dominical.
Le risque en cas de non-respect
Le non-respect de ces règles n'est pas anodin pour l'employeur. Il s'expose à une amende pénale pouvant aller de 500 à 5.000 euros, ou à une amende administrative de 250 à 2.500 euros. Et ces montants sont multipliés par le nombre de travailleurs mineurs concernés par l'infraction, ce qui peut rapidement représenter une somme importante si plusieurs jeunes sont occupés dans des conditions non conformes.
Les démarches restent identiques
Sur le plan administratif, rien ne change par rapport à l'occupation d'un étudiant plus âgé : Dimona obligatoire (type STU) avant le début des prestations, respect du contingent annuel de 650 heures sous cotisations sociales réduites, et vérification de ce solde via la plateforme Student@work. Au-delà de ce quota, l'étudiant peut continuer à travailler, mais les cotisations ordinaires s'appliquent.
Pourquoi cette réforme peut intéresser vos équipes
Pour des secteurs comme l'Horeca, le commerce de détail, l'agriculture saisonnière ou l'événementiel, cette mesure ouvre un vivier de main-d'œuvre supplémentaire pour des tâches ponctuelles et peu qualifiées. Elle demande en contrepartie une vigilance accrue sur l'organisation des horaires et la nature exacte des tâches confiées, en particulier si vous occupez simultanément des étudiants de différents âges.
Notre conseil : avant d'intégrer un jeune de 15 ans dans vos équipes, vérifiez systématiquement s'il est encore soumis à l'obligation scolaire à temps plein, et adaptez le planning et les tâches en conséquence.
En cas de doute sur une situation particulière, n'hésitez pas à nous contacter : nous pouvons vérifier la conformité du contrat et des horaires avant la mise au travail.
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