Fermer pendant le congé du bâtiment : un choix, pas une loi
Chaque été, le même malentendu revient chez certains de nos clients du secteur de la construction : "Je suis obligé de fermer pendant le congé du bâtiment." C'est faux. Et il est important de bien comprendre pourquoi, car cela a des conséquences concrètes sur l'organisation de votre entreprise.
Une recommandation des partenaires sociaux, pas une loi
Le congé du bâtiment trouve son origine dans un accord conclu chaque automne par les organisations patronales et syndicales du secteur, au sein de la Commission paritaire de la construction (CP 124). Ces dates sont des recommandations, et non des obligations légales. Les dates ne sont que des recommandations formulées par les organisations professionnelles et syndicales, et n'auront de valeur juridique qu'au moment de leur reprise dans le règlement de travail. Le congé du bâtiment est une recommandation, pas une obligation légale.
En pratique, cela signifie qu'une entreprise peut décider de ne pas suivre la période recommandée pour sa province. Sauf mention contraire dans le règlement de travail, il est possible de déroger à cette règle et chaque entreprise peut prendre sa propre décision.
Une nuance importante : l'accord du personnel
Attention toutefois : la liberté de l'employeur n'est pas totale. Toute dérogation doit se faire en accord avec le personnel : si les travailleurs ne veulent pas renoncer à leur congé du bâtiment, l'entreprise ne peut pas y déroger unilatéralement.
Concrètement, trois situations sont possibles :
- Vous suivez la recommandation régionale : vous reprenez les dates conseillées dans votre règlement de travail. Le congé devient alors collectif et contraignant pour tous.
- Vous voulez vous écarter de la recommandation : c'est possible, mais via une procédure de concertation (comité d'entreprise, délégation syndicale ou, à défaut, accord individuel avec chaque travailleur).
- Vous ne suivez aucune procédure formelle : dans ce cas, les congés se fixent au cas par cas, par accord individuel entre vous et chaque travailleur.
Pourquoi la majorité des entreprises suit malgré tout la recommandation
Si ce n'est pas une obligation, pourquoi la grande majorité des entreprises ferme-t-elle quand même pendant cette période ? Environ 8 entreprises de construction sur 10 continuent d'appliquer ces congés, notamment parce que le secteur fonctionne en chaîne : entrepreneurs, sous-traitants et fournisseurs dépendent les uns des autres, et si l'un part en congé, l'autre ne peut souvent pas continuer à travailler.
C'est donc avant tout une logique d'organisation collective du secteur, plus qu'une contrainte légale.
Les dates du congé du bâtiment 2026 par province
Pour rappel, ces dates ne deviennent juridiquement contraignantes pour une entreprise que si elles sont reprises dans son règlement de travail.
Anvers
- Recommandation principale : du 13 au 31 juillet 2026
- Recommandation subsidiaire : du 13 au 24 juillet 2026
Limbourg
Du 13 au 31 juillet 2026
Flandre orientale
- Du 13 juillet au 3 août 2026
- Région de Lokeren : du 20 juillet au 10 août 2026
Flandre occidentale
Du 20 juillet au 7 août 2026
Brabant flamand (région de Louvain)
Du 13 au 31 juillet 2026
Bruxelles-Hal-Vilvorde
Du 6 au 31 juillet 2026
Brabant wallon
Du 13 juillet au 2 août 2026
Namur
Du 13 juillet au 2 août 2026
Hainaut
Du 6 au 27 juillet 2026, complété par des jours supplémentaires
Liège
Plusieurs régimes possibles selon l'arrondissement (Liège, Huy, Waremme)
Luxembourg (région de Libramont)
Du 20 juillet au 7 août 2026, avec possibilité de jours supplémentaires
Le mot d'ordre : vérifiez le règlement de travail
En tant qu'employeur du secteur de la construction, votre point de référence n'est pas le calendrier sectoriel en lui-même, mais votre propre règlement de travail. C'est ce document qui détermine si le congé du bâtiment s'applique chez vous, à quelles dates précises, et selon quelle procédure vous pourriez éventuellement y déroger.
Chez BPS, nous accompagnons régulièrement nos clients du secteur de la construction dans la rédaction ou la mise à jour de leur règlement de travail sur ce point précis, afin d'éviter tout malentendu avec le personnel en cours d'année.
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